Histoire de la race

De 4000 avant J.C. à aujourd'hui…


Depuis le début de l’histoire de l’agriculture, il y a 6000 ans, l’Homme a choisi d’élever quelques animaux convenant le mieux à ses besoins alimentaires. Depuis ce temps, les volailles ont accompagné le développement de nombreuses civilisations. Nous les retrouvons fréquemment dans l’histoire de l’humanité et aussi dans les mythes et légendes.

 

On dit que  notre pays fut baptisé « la Gaule » par les Romains en raison des grandes quantités de Gallinacés (Gallus Gallus) qui y étaient élevées. N’est-ce pas le fier coq Gaulois qui est encore aujourd’hui le symbole de la nation : sur nos stades, nos clochers et nos girouettes !

 

Au XVIe siècle, M. De Serres, ministre de l’agriculture, encouragea le développement de l’élevage. En 1591, l’histoire du Sud-Ouest de la France s’enorgueillit ainsi de la fameuse poule au pot d’Henri IV, le plat national du dimanche.

 

À notre connaissance, les premiers documents relatifs à la race gasconne datent de 1860. En parlant des plus beaux spécimens, P. Gally cite le Gers, la Haute-Garonne, le Tarn et Garonne où la production y est très importante. À cette date, il donne une description précise de cette volaille noire. Mais déjà avant lui, F. Granié y avait travaillé.

 

Au tout début du XXe siècle, V. Sébastien, dans son ouvrage pédagogique sur l’agriculture moderne, décrit la race de Gascogne, appelée encore Landaise, Béarnaise ou de Caussade, comme une volaille qui se développe rapidement, très rustique et bonne pondeuse. Le type le plus répandu a le plumage noir, la crête simple, les pattes courtes d’un gris bleuté.

 

En 1907, le standard n°1 s’instaura grâce à la fédération des Aviculteurs du Midi.

En 1912, le standard n°2 était établi par le Gascogne Club (Syndicat des éleveurs de Poules Gasconnes) et homologué par la fédération.

 

En 1920 et 1921, dans plusieurs concours, la Poule Gasconne se classait première des races françaises pondeuses avec 203 œufs (un record à l’époque). dans la revue avicole, bulletin de la Société Centrale d’Aviculture de France, un éleveur du Nord répondit à la question :

 

« quelle est la meilleure race de poules pondeuses française ? »

« À tout seigneur, tout honneur ! c’est la Gasconne ! » s’écria t’il. « loin devant toutes les autres, cette jolie poule noire s’impose autant pour la grosseur et le nombre de ses œufs que pour la finesse et l’abondance de sa chair… » . À marseille, un record mondial est établi par une poule Gasconne expatriée : 303 œufs ! ! !

 

La Société Centrale d’Aviculture de France, répondant à notre courrier concernant les standards de la race, nous indique qu’en 1938, M. Castaing signalait que ses poules Gasconne pondaient jusqu’à 270 œufs. Il indiquait également une grande rusticité : 0,2% de perte alors qu’avec des Rhode Island ou des Faveroles, il arrivait à 5%.


En 1946, Monsieur François DE LA SERVE, ingénieur agricole Gersois va enfin concrétiser toutes les données et connaissances de l’époque, en publiant son ouvrage : « la Poule Gasconne et l’élevage à la ferme ». Ouvrage qui fait toujours référence en 2000 !

Merci, cher Monsieur. Votre travail nous a beaucoup aidé pour bâtir notre projet de relance. Vous y citez le territoire Gersois où s’épanouissait cet élevage et ses marchés : Mirande, Simorre, Masseube, Fleurance, Gimont, Vic-Fezensac, l’Isle-Jourdain, Auch, Nogaro, sans oublier Samatan. Pour entreprendre maintenant une démarche d’identité territoriale chère à nos amis consommateurs, nous avons de quoi argumenter nos dossiers !

 

Monsieur de La Serve, retraité très alerte, toujours aussi passionné et militant en faveur de notre chère petite poule, a été membre du comité de pilotage de notre projet. Il est décédé début janvier 2007.

 

Il faut préciser que ces cinquante dernières années, l’aviculture axa son développement sur la productivité. C’était nécessaire, et cela a permis à cette profession d’émerger économiquement, socialement et de répondre surtout aux besoins des consommateurs. Notre département fit le bon choix en mettant en valeur notre identité sur un produit de qualité : Le Poulet fermier du Gers, élevé en plein air, élevé en plein GERS !

 

Notre poule résista bien quelques temps dans la cour des fermes des coteaux de la Gascogne et sur les marchés locaux. Mais de nouvelles souches ou races plus performantes, venues d’ailleurs, eurent vite raison de ses modestes résultats en matière de productivité. Heureusement, quelques passionnés, souvent réunis en associations, ont réussi à porter cette race rustique jusqu’à aujourd’hui. Par des concours, des expositions et autres fêtes de la poule ou du coq, les standards de cette race ont été minutieusement préservés. Merci à tous les anonymes qui l’ont sauvé par passion et souvent par conviction, avec des arguments qui ont retrouvé toute leur valeur pour un nombre grandissant de consommateurs.

Article l'agriculture du Gers mars 1953

 

Sous la houlette du Conseil Régional et d’Annick AUDIOT de l’INRA, le Conservatoire du patrimoine Biologique Régional Midi-Pyrénées, animé par Serge CHEVROLET, a su prendre des initiatives pour la protéger.

 

Dans les dossiers des archives départementales du Gers, nous avons retrouvé les noms de nombreux éleveurs primés par des juges bénévoles et passionnés. Lors de concours organisés pendant les manifestations festives des bourgs gersois, on en profite souvent pour mettre en valeur son Identité culturelle et son patrimoine local : La Poule Gasconne est toujours de la partie ! Et tout cela se terminant autour d’une bonne table comme il est de coutume chez nous, en Gascogne !

 

Jugez-en par vous-même :

 

Menu servi au Grand Concours annuel Régional Avicole de Mirande, le 5 décembre 1954. Monsieur le Préfet, Monsieur le Président du Conseil Général et 80 convives notables y participèrent. Ce fut un menu plantureux et spécifiquement Gascon ! Nous prenons au hasard :

-          consommé d’Artagnan

-          Hors d’œuvre Gascons

-          Poule au pot « Noste Henric »

 

Rien que pour le plaisir, nous vous amenons jusqu’au bout !

-          Foies d’Oie

-          Cèpes de l’Abbaye de Berdoues

-          Dinde de l’Astarac à la broche

-          Salade de l’Estanque

-          Crêpes flambées à l’Armagnac

 

Et le tout arrosé de Pacherenc sec, doux, et de Madiran. Pour conclure, une Fine de derrière les fagots, cru de Samalens.

Avouez que, comme nous, vous en avez l’eau à la bouche ! Eh oui, c’est bien ça, la Gascogne !

 

Revenons-en à notre poule …

 

Quelques résultats des concours annuels : catégorie Poule Gasconne.

 

- 1948 à Ponte d’Urt 64 : M. Casses, école de Beaulieu (Gers)

-  1953 concours itinérant : M. Marius dambielle de Lombez

-  1954 à Auch : Mme Daujan de Castelnau d’Angles

-  1955 à Mirande : M. Jean-Marie Brocas de Sauveterre

-  1956 à Mirande : Mme Marie Thérèse Dutrey de Berdoues

-  1957 à Mirande : Mme Lébé d’Ordan Larroque

-  2000 à Condom : M. Bernard Candelon de Flamarens

 

pour débuter la première production en mai 2000, sur le site de l’Institut Saint Christophe et dans un cadre pédagogique, les élèves de troisième technologique ont mis en incubation des œufs (une cinquantaine) provenant de plusieurs fermes gersoises :

 

-          Chez Francis Durrieu à Savignac Mona

-          Chez Yves Druilhet à Razengues

-          Chez Jocelyne Amblard à Sabaillan

-          Chez Maurice Cabandé à Bézéril

 

Nous ne pouvons citer ici tous les détenteurs de cette race, environ 150 sur Midi-Pyrénées et Aquitaine, mais nous devons dire un grand merci à tous. Grâce à vous, notre poule est là, prête à reprendre son envol.

 

Elle reprend son essor dans nos petites fermes gasconnes, sur le marché et sur nos tables, mais pas n’importe comment : nous allons d’abord réapprendre à la connaître afin de créer un cahier des charges adapté à ses exigences.

 

Ce cahier des charges, lié à son identité territoriale, l’accompagnera dans son développement ; ce fut le cas pour le Roquefort, le Champagne, le Bordeaux, ou bien sa cousine de Bresse ou la Bourbonnaise.

 

L’association « La Poule Gasconne », constituée d’amateurs et de professionnels (éleveurs, collectionneurs, transformateurs…) a été créée en octobre 2003.

 

Aujourd'hui, le standard que respecte et recherche l'association est le suivant :

(cliquez sur le tableau pour l'agrandir)

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